Professeur

Céline Lemercier

Thématiques Mes travaux s'inscrivent dans la thématique de l'attention, et s'articulent autour de deux axes. Le premier porte sur l'impact des dégradations attentionnelles au volant et le second est relatif à l'étude du phénomène de l'interférence en attention sélective. Attention et conduite automobile Dans le domaine de la conduite automobile, on considère couramment que les dégradations du comportement de conduite seraient la conséquence d'une dégradation de l'attention, appelée distraction. La distraction en conduite automobile s'avère être un concept fourre-tout retraçant aussi bien l'interférence liée à la réalisation en conduite d'une tâche ajoutée, l'inattention liée au phénomène ruminatif ou encore la distraction relative à l'émission soudaine et inattendue d'un stimulus externe tels une sonnerie téléphonique ou un flash lumineux. En collaboration avec des chercheurs du groupe RESAT-Attention, un modèle théorique explicitant le mode d'action des défauts de l'attention sur le comportement attentionnel du conducteur a été élaboré. Ce modèle Focalisation Inhibition Distraction et Inattention (FIDI) est actuellement en cours de validation. Pour se faire, nous testons isolément l'impact de l'inattention, de l'interférence et de la distraction sur la focalisation attentionnelle au volant. L'inattention au volant est provoquée en induisant tout d'abord un état émotionnel négatif chez le conducteur (par le biais de méthodes d'induction émotionnelle) et en incitant le conducteur à ruminer ses pensées négatives durant la phase de conduite. La distraction est provoquée en intégrant durant la phase de conduite des stimuli sonores de courte durée, prégnants et peu fréquents. Enfin, l'interférence consiste à demander au conducteur de réaliser une tâche annexe tout en conduisant. L'effet Stroop Pourquoi est-il plus difficile de dénommer la couleur de  BLEU que de dénommer la couleur de  BLEU ? Telle est la question à laquelle se sont atelés un grand nombre de chercheurs depuis la découverte en 1935 de ce phénomène par un jeune étudiant en thèse prénommé John Ridley STROOP! L'explication consensuelle à l'augmentation des temps de dénomination de la couleur des items incongruents (lorsque le nom de la couleur et la couleur utilisée pour l'écrire  sont différents) est l'interférence. Le processus de lecture étant plus automatique que le processus de dénomination de la couleur, le mot serait traité involontairement et très rapidement par le sujet ce qui gènerait la dénomination correcte de la couleur. En accord avec les travaux de Logan sur l'automatisation des processus, je développe depuis quelques années une hypothèse alternative. L'augmentation des temps de dénomination incongruente ne serait pas le fait de la résolution d'un conflit entre lecture et dénomination, mais plutot la conséquence d'un apprentissage incident du matériel incongruent durant la tâche de dénomination de la couleur. En d'autres termes, ce que le sujet tendrait à réaliser durant la tâche n'est autre que d'automatiser le processus de dénomination de la couleur interférente!

Publications extraites de HAL