Verbum n° 1-2 / 2024 – Prépositions temporelles et polysémie

Publié le 13 février 2025 Mis à jour le 13 février 2025

Coord. Walter De Mulder, Benjamin Fagard et Dejan Stosic (CLLE - Université Toulouse - Jean Jaurès)


Cet article traite de la polysémie des prépositions simples et complexes ayant (au moins) un sens temporel, i.e. permettant de former un syntagme prépositionnel de localisation temporelle (ex. en juin 2024 ) ou de durée/mesure temporelle (ex. en/depuis une semaine ). Nous nous inscrivons dans une approche horizontale de la polysémie qui prévoit une cohabitation, en langue, de plusieurs sens au sein du signifié d’une préposition et accorde un rôle important au cotexte et au contexte pour leur activation en discours. L’étude est menée à partir de l’analyse synchronique de 123 prépositions ayant au moins un sens temporel en français. Un examen détaillé de l’ensemble des sens qu’elles sont susceptibles de véhiculer en plus du sens temporel est réalisé afin de dresser un premier panorama des liens sémantico-conceptuels existant entre le domaine temporel et plusieurs autres domaines notionnels : espace, cause, instrument, approximation, etc. Nous montrons que deux tiers des items analysés sont polysémiques et qu’en dépit de la grande variabilité de combinaisons de sens relevée, ce sont, massivement, des  représentations spatiales qui sont projetées sur la structuration du domaine temporel, ce qui place les concepts spatiaux au centre du réseau sémantique d’un grand nombre des prépositions temporelles examinées. Enfin, les dérivations sémantiques à partir des sens temporels, bien qu’attestées, s’avèrent assez rares et irrégulières ce qui indique que, dans le cas des prépositions, le domaine sémantique de la temporalité se profile non comme domaine source mais plutôt comme domaine cible des dérivations sémantiques.