ParaDis : un modèle Familles-et-Paradigmes

Publié le 7 décembre 2018 Mis à jour le 13 mars 2019
le 23 mai 2019

Fiammetta Namer, ATILF, CNRS & Université de Lorraine Nancy & Nabil hathout, CLLE-ERSS - Séminaire CLLE ERSS (14 h/16 h - Salle E411 MDR UT2J)

Pour de nombreux dérivés morphologiques, l'analyse la plus naturelle des phénomènes qu'ils illustrent est une analyse paradigmatique dans la mesure où (i) l'on est face à des mots construits dont les propriétés sont manifestement issues de plusieurs mots différents de leur famille morphologique ou bien de mots avec lesquels ils ne sont pas dans une relation dérivationnelle directe et où (ii) ces relations multiples ou indirectes s'observent pour un nombre de mots significatif. Face à ces données, les morphologues se trouvent quelque peu démunis. Aucun de modèles théoriques disponibles actuellement sur le marché ne permet de rendre compte de ce type de relations de façon naturelle. Il existe bien des solutions « techniques » qui permettent de s'en sortir et de construire des analyses acceptables, mais ces analyses restent incomplètement satisfaisantes parce qu'elles ne rendent pas compte d'une partie des régularités. C'est précisément à cette difficulté que nous nous attaquons. Plus précisément, nous proposons une réponse à la question de savoir à quoi ressemblent ces paradigmes et comment il serait possible de les définir.

Dans cet exposé, nous présenterons ParaDis, un modèle morphologique dérivationnel caractérisé par une description séparée des régularités sémantiques, formelles et morphologiques. Il s’inscrit dans un cadre de la morphologie dérivationnelle dont les unités fondamentales sont les familles et les paradigmes. Les mécanismes et les principes descriptifs de ParaDis seront illustrés par trois études de cas en français, anglais et italien qui impliquent des phénomènes de surabondance et de décalages entre sens et forme.