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Hommages à Jean-Marie Cellier
Publié le 4 juin 2026 – Mis à jour le 4 juin 2026
le 27 mai 2026
Hommage du laboratoire CLLE
Jean-Marie Cellier a été pour moi plus qu’un collègue. Il a été un ami fidèle avec qui j’ai partagé une partie de ma vie d’enseignant-chercheur… à distance souvent, mais avec beaucoup d’intérêt et d’engagement. Venu des sciences de l’ingénieur, il m’a aidé à apprendre et comprendre ce qu’ergonomie voulait dire dans notre société de plus en plus numérisée. Jean-Marie était un humaniste qui a largement contribué à l’ergonomie cognitive. Paix à son âme.
Guy André Boy
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Me souvenir de Jean-Marie Cellier, c’était d’abord évoquer sa haute silhouette, reconnaissable entre toutes, un peu voutée, marchant lentement à grandes enjambées, qui a arpenté le campus du Mirail pendant de très nombreuses années.
C’est ensuite rappeler qu’il a été un chercheur reconnu qui a ouvert le camp de la psychologie toulousaine à d’autres approches, non sans débat.
C’est surtout pour moi dire qu'il s’est investi dans de nombreuses responsabilités institutionnelles : outre la direction d’un laboratoire associé au CNRS, il a assumé la vice-présidence recherche pendant presque une décennie auprès de deux présidents (Rémi Pech et Daniel Filâtre), ouvrant là aussi la recherche à d’autres modes d’organisation et pratiques collectives, initiant par exemple une instance de dialogue avec les directeurs d’Unité de recherche, qui allait devenir la conférence de la recherche.
Je voudrais souligner le rôle essentiel qu’il a joué pour maintenir la recherche à flot après l’explosion de l’usine d'AZF, période douloureuse qu’a dû affronter notre université. Il a été en première ligne avec énergie et constance pour que nous puissions retrouver des conditions décentes de fonctionnement. Sa mobilisation sans faille a permis à la recherche de ne pas trop souffrir des conséquences de cette catastrophe malgré la fermeture de la Maison de la Recherche pendant de très longs mois et la dispersion des équipes accueillies et hébergées par les autres établissements universitaires et de recherche du site, avant de revenir sur le site du Mirail pour y être logées dans des algécos. Il a non seulement été très présent sur le site du Mirail, mais également sur le front des relations avec les autres composantes du site. Il a d’ailleurs animé le « cercle » des vice-présidents recherche du site, prémices des collaborations qui se sont, depuis, développées.
Évoquer Jean-Marie dans ses fonctions de vice-président de la recherche, c’est aussi rappeler qu’il a fait équipe avec Annie Soulié, Nicole Castex, Pierre Fraixanet et quelques autres qui l’ont accompagné de leur expertise, jetant les bases de ce qui allait progressivement devenir la direction de la recherche. Il a noué avec eux des relations de travail fructueuses, mais aussi amicales.
C’est lui qui m’avait sollicitée pour que je me porte candidate en 2008. Élue vice-présidente et prenant donc son relai, Il m’a assuré de son soutien et de ses conseils. Puis, il a su se mettre en retrait avec élégance pour ne pas peser de son autorité et de son expérience sur mes « premiers pas ». Moins adepte que moi de la recherche du consensus, il a parfois « tranché dans le vif », assumant toujours ses décisions. Il a indéniablement contribué à la transformation de la recherche à l’UT2J, à la reconnaissance de sa dimension collective, incarnée par le laboratoire, à la nécessité aussi d’en diffuser les résultats en dehors des cercles académiques sans jamais renoncer à la qualité des productions scientifiques. Si nous n’avons pas toujours été d’accord sur les critères d’appréciation de cette qualité, il acceptait néanmoins l’idée qu’il pouvait y avoir plusieurs manières de faire de la recherche et plusieurs postures scientifiques.
Marie-Christine Jaillet (ancienne Vice-présidente recherche de l’UT2J)
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Il y a des rencontres qui changent des vies. Celle de Jean-Marie a changé la mienne, me permettant d’accéder au rêve que je formulais : faire de la recherche. Alors juste merci Jean-Marie, merci pour moi et merci pour tous ceux que j’ai pu, de part la confiance que tu m’as accordée, former et voir grandir dans l’exigence scientifique qui était la tienne.
Je garde précieusement dans un coin de ma tête nos conversations très matinales dans ton bureau, nos expéditions en Chine et en Australie où ton anglais a quelque peu dérouté certains de nos interlocuteurs, ton rire, ton accent rocailleux, ton attention au bien-être de chacun et en particulier des plus jeunes dans l’équipe, et puis ta détermination sans faille !
Céline Lemercier (PU en psychologie cognitive et ergonomique, UT2J)
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J’ai un souvenir fort et positif de mes trois ans de doctorat. Et dans mes souvenirs, il y a la présence discrète (mais toujours impressionnante) de mon directeur de thèse, Jean-Marie. Il y a son soutien infaillible pour m’accompagner vers ce métier, m’intégrer au laboratoire et travailler dans les meilleures conditions.
Et puis, il y a les fous rires. J’en ai deux en tête : tout d’abord, quand je suis allée le voir à son bureau pour connaître son avis sur la première version aboutie de mon manuscrit de thèse. Gros stress de mon côté. Mais il me répond : « ne t’inquiète pas, il y a 2 ou 3 corrections à faire mais l’ensemble est bon. J’ai fait des annotations sur le document. Rien dans ton document ne m'a dérangé. Pourtant, je l’ai lu en même temps que je regardais le match de l’équipe de France de rugby, et le match était plutôt mauvais. J’aurai pu m’énerver facilement ». J’ai éclaté de rire. Plus de stress, juste un moment de vie.
Mon autre souvenir est ce long voyage en Australie pour une conférence. Un temps d’attente à l’aéroport pour le vol retour. Et Jean-Marie qui commence à nous expliquer la création du LTC et comment l’équipe fonctionnait, avec moult barbecues, moments de rigolade, blagues et challenges. Il racontait cela avec tellement de vie et d’anecdotes qu’on pouvait se projeter dans cette autre époque.
Au revoir Jean-Marie, merci pour tout !
Christelle Pécher (Doctorante CLLE-LTC 2006-2009)
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C’est avec la plus grande émotion que j’ai appris le décès de Jean-Marie Cellier. Il a marqué l’Université Toulouse-Jean Jaurès d’une empreinte indélébile en tant qu’enseignant, chercheur, directeur de laboratoire et vice-président scientifique. Sur le plan scientifique, son parcours est exemplaire, mais il a aussi su orienter l’université sur un chemin conciliant solidarité et excellence, une ligne de crête difficile qu’il a su tenir et promouvoir.
Avant tout, je voudrais souligner sa droiture. Avec Jean-Marie, on savait où l’on se situait. Il n’y avait jamais de double discours. Il savait écouter, mais aussi défendre avec conviction les positions qu’il jugeait les meilleures. C’est sous sa tutelle qu’a été créé le laboratoire CLLE, dont j’ai eu l’honneur d’être le premier directeur. Ce n’était pas une solution de facilité et il savait que l’interdisciplinarité était un objectif à conquérir plutôt qu’une donnée naturelle. Je n’oublie pas non plus le sens de l’humour et de la convivialité qu’il a toujours fait vivre. On pouvait échafauder les projets les plus sérieux pour l’avenir de l’université puis passer à des moments de détente et de rire autour d’un plateau-repas.
Merci infiniment, Jean-Marie, pour tout ce que tu nous as apporté.
Mes condoléances les plus sincères à toute sa famille et à ses proches.
Jacques Durand - Professeur émérite - Université Toulouse-Jean Jaurès
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À l’autre Jean-Marie,
C’est toi qui l’as trouvée, celle-là, un jour si loin, si proche, où nous échangions un de nos messages inquiets ou optimistes concernant la « Fac du Mirail », comme on disait sans honte.
Compagnonnage syndical, accompagnement régulier - pour moi, à la base, et, pour toi, impulsion de ce qu’on nommait le « Conseil Scientifique ». Tu en fus l’inspirateur, et comme l’âme, année après année, Président après Président. Nos échanges étaient nombreux, pas toujours en plein accord, mais sur un même fil de complicité. De là ton invention, si flatteuse pour moi, du mutuel « l’autre Jean-Marie ».
Un souvenir s’impose, anecdotique, mais si fort qu’il me semble y être. C’était une de ces circonstances où, devant l’urgence, tu convoquais une réu exceptionnelle de Commission. Je n’ai pas le moindre souvenir du sujet, mais on devait avoir commencé vers 10 heures, tu avais annoncé et commandé un repas sur place, pour ne pas perdre un instant. On fait halte vers 12h30, les plateaux bien fournis arrivent. On déguste tranquillement, et au bout de 10-12 minutes le Président déplie sa longue silhouette, s’essuie les lèvres et déclare : « Bon, allez, on s’y remet ». Stupéfaction générale, et comme un tollé silencieux – j’en étais ; oui, c’était hier.
Je ne sais plus comment ça s’est terminé. Pas très populaire ce jour-là, l’autre Jean-Marie. Mais c’est comme ça, et sans doute un peu pour ça, qu’on l’aimait.
Merci pour tout, Jean-Marie.
Jean-Marie Pailler
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A Jean-Marie Cellier,
Il y a des personnes sans lesquelles nous ne serions pas. Jean-Marie Cellier est de celles-là : un Directeur de Recherche que je n’ai pas eu alors qu’il l’a toujours été.
Mes Directeurs de Recherche ont été à Paris 8 et à Boston. Jean-François Richard qui accorde un entretien de trois heures à l’étudiant qui veut s’inscrire en Maîtrise sous sa Direction. Adam Reeves à Boston qui, recevant un courrier sur l’intérêt porté à ses travaux et à ceux de George Sperling, son Directeur de Recherche, propose deux années de post-doc ; passées souvent en compagnie de Steve Grossberg.
De son côté, sans être là, Jean-Marie Cellier a toujours été une évidence : dirigeant mes travaux par ses écrits, son savoir et savoir-faire : lui portant une très grande confiance pour m’y laisser guider. Mais aussi, tout comme de mes Directeurs physiquement présents : une bienveillance accordée à tous. Ainsi, le croisant dans les couloirs de l’EPHE où il était Directeur d’Études, adressant seulement quelques mots au Maître de conférences que j’étais, il a orienté mes travaux et conséquemment ma carrière.
Un Jean-Marie Cellier remarquable. Et tant qu’on y pensera, il sera toujours parmi nous.
Charles Tijus - Professeur émérite, Cognitions Humaines et Artificielles (Université Paris 8) - Président de l’Institut Fredrik Rosing Bull.
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C’est triste ! Je dois beaucoup à Jean Marie …. Dès mon arrivée comme PR à Toulouse en 2002… Je n’aurais pas créé de Jeune Équipe s’il n’avait pas été derrière moi au bon moment … s’il ne m’avait pas initiée aux « rouages » du site toulousain ni mise en contact avec les bonnes personnes au bon moment … la porte de la VP recherche était toujours ouverte quand j’en avais besoin … je suis très triste ..
Michèle Guidetti - Professeur émérite de psychologie du développement
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Bien au-delà du collègue, je viens de perdre un frère. Certes, nous étions surtout rapprochés au moment de la création de PRESCOT, réseau toulousain interdisciplinaire boudé, à sa création, par
certaines tribus universitaires apeurées.
Nous nous retrouvions, quasiment chaque jour, à l’aube, d’abord dans les anciens locaux de l’UTM, ensuite à la Maison de la recherche.
Tous deux avions été élus, comme des maréchaux, au Conseil Scientifique, essentiellement parce que nous avions en commun un profond dégoût pour les débats partisans.
“Servir sans se servir” était notre credo commun.
C’est dans les ALGECO, après l’explosion de l’AZF, qu’il me parla, la première fois, de ses problèmes de santé, qui allaient bien au-delà d’une tendinite!
Nous restâmes téléphoniquement en contact régulier, à la retraite, tant qu’il fut en mesure de surmonter sa dysarthrie.
Merci pour les belles photos où on le retrouve tel qu’en lui-même. Il restera gravé dans nos esprits…
Jean-Luc Nespoulous - Professeur émérite et Fondateur du Laboratoire Jacques Lordat (LNPL)
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Ce petit mot pour saluer la mémoire de Jean-Marie Cellier.
Je l'ai connu sur le tard et j’ai eu le très grand plaisir de travailler un peu avec lui. Un grand chercheur, un grand monsieur, d'une humanité et d'une modestie si agréables qu'elles resteront gravées à jamais dans ma mémoire.
Rachid Alami - Directeur de Recherche Emérite - LAAS-CNRS
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Sans Jean-Marie Cellier et Hélène Eyrolle, je n’aurais probablement pas fait de carrière universitaire. Ce sont eux qui m’ont convaincue de ma capacité à faire de la recherche, qui m’ont donné confiance, encouragée, accompagnée.
Le mémoire de Maîtrise avec Hélène, puis le DEA et la thèse avec Jean-Marie.
Je leur dois ce que je suis.
Avec Jean-Marie, je me souviens de ces voyages pour des colloques, d’abord la Finlande (Tampere en 1997), puis San Diego et Stockholm en 2000, et Montréal en 2001, départ le lendemain de l’explosion d’AZF : ce fut sportif. Ces voyages ont aussi été l’occasion de découvertes : Helsinki et Saint Pétersbourg, la Vallée de la Mort et Las Vegas. De merveilleux souvenirs partagés aussi avec d’autres doctorantes et doctorants.
C’est Jean-Marie qui a glissé mon nom, en 2008, pour les élections au Conseil d’Administration. Depuis, les mandats se sont enchaînés pour moi, dans différents conseils. Le virus était passé.
Il me disait toujours, avec malice, que je passais trop de temps sur les questions pédagogiques, mais il savait bien que j’adorais ça.
Je me souviens aussi de cette ambiance de laboratoire, conviviale, joyeuse, où nous nous amusions à coller des photos de Liam Neeson sur la porte de notre directeur de labo, ce qui nous a valu de grands fous rires partagés !
Jean-Marie était un grand monsieur au sens propre comme au sens figuré, il inspirait le respect et l’admiration dans son statut de chercheur tout en restant fondamentalement le Lozérien rural que l’on percevait dans son accent et son caractère !
Il s’intéressait sincèrement aux gens et c’est ce qui le rendait si attachant.
Face à la maladie, il s’est battu avec la même détermination qui l’a toujours animé.
La disparition d’Hélène a été difficile, et aujourd’hui je me sens doublement orpheline.
Merci. pour tout.
Ophélie Carreras - Enseignante Chercheuse en Psychologie Cognitive - CLLE - UT2J.
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J’ai eu la chance de commencer mes premiers travaux de recherche aux côtés de Jean-Marie Cellier et d’Hélène Eyrolle. Je garde en mémoire le souvenir précieux de nos rendez-vous de travail et de nos discussions informelles qui commençaient invariablement par le bruit, reconnaissable entre mille, des pas de Jean-Marie dans le couloir.
Jean-Marie avait la capacité à interroger des problèmes de fonds, corriger des coquilles, résoudre des questions pratiques épineuses, débusquer des liens structurants avec d’autres domaines de recherche tout en aiguillant vers des initiatives audacieuses et utiles pour la suite.
Mais c’est surtout la gaieté de ces moments qui reste au cœur de mes souvenirs.
Julie Lemarié - Enseignante Chercheuse en Psychologie Cognitive et Ergonomie - CLLE - UT2J.
J’ai connu Jean-Marie Cellier durant mon doctorat dans son laboratoire et à la Commission Recherche de l’université, Toulouse, Jean-Jaurès. J’ai pu mesurer la place que Jean-Marie occupait dans le domaine de recherche de l’ergonomie comme dans la vie institutionnelle de l’établissement et plus largement du site de Toulouse. Jean-Marie restera une personne exceptionnelle qui a marqué la Recherche et bon nombre de collègues actuels. Nous sommes nombreux à bénéficier de l’héritage aujourd’hui de Jean-Marie. Je retiendrai tout particulièrement son engagement et l’attention qu’il portait aux doctorant.e.s. J’ai pu grâce à lui et au LTC, bénéficier de toutes les conditions dont on peut rêver un doctorant pour démarrer une carrière d’enseignant-chercheur. Il m’a beaucoup inspiré. Je retiendrai enfin son amitié et nos discussions rugbystiques.
Franck Amadieu - Enseignant-Chercheur en Psychologie Cognitive et Ergonomie (laboratoire CLLE)
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Il n’était pas évident que Jean-Marie Cellier et moi trouvions jamais de réelles occasions de nous croiser avec profit, mais les hasards m’ont permis à plusieurs reprises d’avoir la chance de travailler avec lui.
Dans les années 2000, sous les présidences de R. Pech et D. Filâtre, tout d’abord, alors que j’étais directeur d’UFR puis de laboratoire, et qu’il était vice-président en charge de la recherche. Alors que le secteur lettres-langues se caractérisait par sa fragmentation, il a eu à cœur de nous pousser à structurer des équipes de recherche, même si nous n’avions pas le soutien du CNRS. Il a aussi joué un rôle décisif dans la création de l’IRPALL, outil original qui a permis alors à de nombreux chercheurs de sortir d’un relatif isolement. Du temps où existaient encore des créations de postes sur des profils de recherche, il nous a utilement guidés dans des voies qui ne nous étaient pas naturelles et a soutenu continûment le développement de PLH par exemple.
Par ailleurs, quelques souvenirs propres à éclairer des moments partagés ensuite, de toutes natures, comme lors de l’organisation d’un vaste référendum portant sur l’un des rituels blocages dont nous sommes régulièrement victimes : un bureau de vote en extérieur, tenu non sans mal face à l’hostilité des bloqueurs, une foule houleuse et pour finir une gigantesque mêlée sur le patio central de l’université, dans laquelle je côtoyais Jean-Marie fort à l’aise dans l’exercice. Je ne jurerais pas que quelques généreux raffuts, voire de discrets ramponneaux, n’aient pas été échangés à l’occasion.
De 2008 à 2012, à titre à la fois plus institutionnel et plus personnel, nous nous sommes retrouvés dans le bureau du Conseil scientifique dirigé alors par M.-Ch. Jaillet. Son expérience et sa clairvoyance nous servaient de guide, mais maintenant que les dossiers sont refermés sous une fine couche de poussière, c’est sa jovialité, sa ponctualité et son entrain à attaquer les plateaux-repas avant toute autre préoccupation qui me reviennent le plus en mémoire.
Quelques années après, j’ai eu le plaisir d’organiser avec Jean-François Bonnefon et le laboratoire CLLE la réception qui marquait son départ en retraite. L’émotion palpable ce jour-là au sein d’une communauté chaleureuse et reconnaissante constitue la dernière image que je garderai de lui, image claire et vivante, qui donne tout son relief à un panorama universitaire bien contrasté.
Daniel Lacroix - Professeur de littérature médiévale UT2J, ex- …
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C’est avec une grande tristesse que j’ai appris le décès de Jean-Marie Cellier.
J’ai eu la chance de le rencontrer lorsque j’ai réalisé mon mémoire de maîtrise aux États-Unis. Grâce à Jean-Marie Cellier et à Claudette Mariné, j’ai pu bénéficier d’une bourse Prescott, puis d’une allocation de recherche pour mener ma thèse. Cette période a été l’une des plus riches de ma vie et a marqué le début de mon parcours de chercheuse.
Au sein de son équipe, j’ai participé à la construction de la Maison de la Recherche et à la création du laboratoire Travail et Cognition. Ces expériences m’ont ouvert les portes du monde de la recherche et ont fait naître une véritable passion qui ne m’a jamais quittée.
Jean-Marie m’a transmis les fondamentaux de la démarche scientifique : la rigueur, la méthodologie, l’exigence intellectuelle. Ces enseignements m’ont accompagnée tout au long de ma carrière et m’ont donné des bases solides pour avancer et construire mon propre parcours. Il m’a également permis de vivre des expériences humaines et scientifiques exceptionnelles, dans une équipe soudée, bienveillante et stimulante.
Je garde le souvenir d’une personne généreuse, chaleureuse et profondément conviviale. Même si nos chemins se sont éloignés avec le temps, il est resté pour moi un modèle. Son dynamisme, son enthousiasme, sa capacité à porter des projets ambitieux et sa vision ont largement contribué au développement de l’ergonomie cognitive en France.
Je conserve de très beaux souvenirs de cette époque et je mesure aujourd’hui encore tout ce que je lui dois. Mes pensées vont à sa famille, à ses proches et à tous ceux qui ont eu la chance de travailler à ses côtés.
Merci, Jean-Marie.
Stéphanie Mailles Viard - Professeur de Sciences de l’Education et de la Formation à Aix Marseille Université, Attachée de Coopération Scientifique et Universitaire à l’ambassade de France au Cameroun
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Après un premier essai infructueux en 1996, j'ai pu en 2000 atteindre mon seul but : venir travailler au LTC avec Jean-Marie. Et pas que pour des raisons professionnelles, juste pour pouvoir travailler avec un homme juste, un sérieux qui ne se prenait pas au sérieux, un gros travailleur qui s'efforçait de faire croire qu'il ne l'était pas. Mais surtout un humain qui n'en avait rien à faire de votre grade ou de votre diplôme. Merci d'avoir été sur terre Jean-Marie.
André Tricot - Professeur de psychologie cognitive, Université Paul Valéry
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