Murmurer à l’oreille des avions

Publié le 12 janvier 2022 Mis à jour le 12 janvier 2022
le 10 janvier 2022
Passionnée par les mots et leur sens, Anne Condamines leur dédie depuis des années son travail de recherche. Linguiste, directrice de recherche CNRS au laboratoire CLLE, elle cherche à comprendre comment des formes, comme les mots et les phrases, peuvent véhiculer du sens. Un pan de son travail s’intéresse plus particulièrement aux langues spécialisées, c’est-à-dire l’utilisation de la langue dans des contextes de compétences expertes.

Loin d’être infaillible, la langue peut générer des problèmes de communication pouvant avoir de lourdes conséquences en fonction du domaine professionnel concerné. L’objectif d’Anne Condamines, via la linguistique, est alors d’aider les organisations à limiter les risques liés à une mauvaise compréhension des échanges.

Au cours de ses années en DUT information-communication, Anne Condamines découvre et se passionne pour la linguistique. Loin de se douter qu’elle y consacrera toute sa carrière, elle décide cependant de poursuivre son cursus dans cette voie.

Effectuant ensuite sa thèse au laboratoire IRIT (Institut de Recherche en Informatique de Toulouse) et son post-doctorat à Matra Marconi Space (aujourd’hui Airbus Defense and Space), elle découvre alors deux mondes où la linguistique est bien peu connue. Loin de s’arrêter à ce fossé, Anne Condamines en crée plutôt un pont et contribue à montrer l’utilité que peuvent avoir la linguistique et la terminologie dans la gestion des échanges, humains ou via des outils, dans les organisations. Son implication se voit récompensée par l’obtention du prix ANVIE/CNRS de valorisation de la recherche en sciences humaines dans les entreprises. Cette reconnaissance est un vrai déclic, elle se sent alors investie de la nécessité de valoriser la linguistique dans les entreprises et démontrera tout au long de sa carrière au CNRS le formidable aspect applicatif de ses recherches.

En prise directe avec la société, les travaux d’Anne Condamines peuvent concerner les domaines de l’aérospatial et de l’espace par exemple, pour lesquels elle a travaillé à la constitution de langues contrôlées, séries de recommandations de rédaction ou de communication orale, afin d’éviter la polysémie ou les incompréhensions langagières. Elle a notamment co-encadré une thèse visant à améliorer la transmission d’informations via les écrans d’annonce présents dans les cockpits d’Airbus.
Bien ancrée dans le réel, la chercheuse pourrait cependant rêver de rencontrer des êtres issus d’autres planètes, à l’apparence, à l’histoire et aux besoins différents des nôtres afin de voir comment ils communiquent, pour enrichir encore et toujours ses questionnements et sa recherche.

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