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Programme séminaires SLîM
Programme 2026-2027
13 mai 2027, Quentin Feltgen (U. Gand), (salle E411)
01 avril 2027, Pauline Haas (Sorbonne Paris Nord, Lattice), (salle E411)
04 février 2027, Léa Robin (UT2J, CLLE), (salle E411)
03 décembre 2026, Valentin Richard (UT2J, CLLE) "Les questions non standards : perspectives de recherche" (salle E309)
05 novembre 2026, Bérangère Bouard (U. Lorraine, ATILF) "Histoire de la catégorie du pronom dans la grammaire française : quelques jalons (17e- 18e siècles)" (salle D155)
01 octobre 2026, Lucie Drouillet (CLLE) "L’ordre des mots à l’oral : une question de rythme ?" (salle D155)
03 juin 2027, TBA
04 mars 2027, TBA
Programme 2025-2026
25 juin 2026, Les Slimeries -- Journées d'étude de la thématique SLîM
21 mai 2026, Barbara Hemforth (LLF) Pronoun processing from a crosslinguistic perspective
2 avril 2026, Myriam Bergeron Maguire (Sorbonne Nouvelle, CLESTHIA), "Vestiges d’une grammatica submersa : les lettres privées du projet Macintosh et la variation du français aux 17e et 18e siècles"
12 mars 2026, Yanis Da Cunha (U. Graz) "Quel pronom gagne la compétition ? Études expérimentales des pronoms forts, nuls et démonstratifs dans les syntagmes prépositionnels du français."
5 février 2026, Nicolas Guilliot (UBM, CLLE) "Variation syntaxique de la négation: de l'enquête Bourciez aux enquêtes du projet PaRL"
4 décembre 2025, Anne Dagnac et Juliette Thuilier (UT2J, CLLE) "Le marquage différentiel de l'objet en français"
6 novembre 2025, Gilles Boyé (UBM, CLLE) "20 ans après, une transition écologique pour les espaces thématiques"
Cycle "Questions de genre"
2024-2025 :
19 décembre 2024, Martina Rosola, "Masculine generics in Italian"
6 mars 2025, Catherine Kerbrat-Orecchioni, "Du sexisme au spécisme : une analogie en question"
3 avril 2025, Stéphanie Pahud, "Inclure sans (s')exclure"
16 octobre 2025, Heather Burnett, "La grammaticalisation de l’inclusivité: les doublets inclusifs dans le français parlé"
2023-2024 :
9 novembre 2023, Xavier Bach, "Genre grammatical et genre naturel/social"
18 janvier 2024, Olivier Bonami, "Les manifestations morphologiques du genre social en français"
2 mai 2024, Pascal Gygax, "Langage inclusif : une tempête dans un verre d'eau ou une réponse à un vrai problème ?"
6 juin 2024, Julie Abbou, "Figements, défigements, refigements du genre en langue"
26-27 novembre 2021. UBM- Rencontres bordelaises de linguistique japonaise et coréenne
7 décembre 2021. 14h-17h Table ronde Paradigmo sur le genre
3 décembre 2026 : Valentin Richard (UT2J, CLLE)
Les questions non standards : perspectives de recherche
Lors de ce séminaire, j'aimerais présenter une direction de recherche se basant sur une collection de mes travaux attaquant une question fondamentale : À quoi servent les phrases interrogatives ? Même si la réponse évidente est "à poser des questions", force est de constater que les interrogatives, notamment enchâssées, recouvrent des fonctions plus diverses que l'acte de langage questionnant. Sans avoir encore de réponse définitive à cette problématique, je propose de commencer un diagnostic à travers l'étude de formes non standards sur plusieurs aspects. D'une part, je présenterai trois études de corpus sur les interrogatives non normées. Deux d'entre elles portent sur les interrogatives complément de préposition (complexe), ex. "Ça dépend [de [comment tu l'utilises]]." et "ça me semblait évident euh [par rapport à [comment moi je me renseignais]]", et la troisième sur les interrogatives clivées non stéréotypiques, ex. "il y a quoi que tu as bien apprécié ?". Bien que sémantiquement pertinentes, la non-normativité de ces interrogatives révèle surement les aprioris sur le concept de "question". En miroir, je présenterai une étude récente sur les constructions qui ne sont pas des interrogatives, mais s'interprètent comme des questions. Je mentionnerai les questions cachées ("Ça dépend [le temps qu'il fait] = [quel temps il fait]"), les relatives à tête faible "Ça dépend [ce [que tu fais]] = [qu'est-ce que tu fais]"), la disjonction déclarative ("Selon [qu'il pleuve ou qu'il vente] = [s'il pleut ou s'il vente], l'expérience ne sera pas la même") et les alternatives levées par focus ("Selon comment se passe le tour, [je vais peut-être arrêter] ≈ [si j'arrête ou je continue]"). L'existence de ces stratégies grammaticales d'expression de "questions" remet en cause la doxa selon laquelle les interrogatives sont la structure privilégiée pour exprimer les questions.5 novembre 2026 : Bérangère Bouard (U. Lorraine, ATILF)
Histoire de la catégorie du pronom dans la grammaire française : quelques jalons (17e- 18e siècles)
Faire l’histoire d’une catégorie grammaticale soulève plusieurs questions du point de vue historique et épistémologique :1) La définition de la catégorie avec ses propriétés,
2) L’identification et la description des formes (inventaire),
3) Le rattachement (ou pas) à une tradition.
Dans le cas du pronom, dès les premières grammaires du français, plusieurs problèmes se posent par rapport au latin (Swiggers, 2001). Non seulement la catégorie est hétérogène (avec des formes casuelles et d’autres pas), mais les variantes sont parfois nombreuses au sein même des sous-classes (on peut penser aux démonstratifs cestuy-ci, cecy, cestuy-là, ceste-la, celuy, celle, celuy-là, celle-là) voire homonymes des déterminants (ce, le/ la/ les, aucun, tout etc.). Certaines spécificités du français viennent compliquer le tableau, comme l’obligation d’expression du pronom sujet devant le verbe, la création de « on », le « il » impersonnel, ou vont progressivement se figer (l’ordre des clitiques). Par ailleurs, les grammairiens du français héritent de « deux conceptions contradictoires du pronom » (Colombat, Bouard, 2019, 249), l’une issue de Donat où la catégorie est large et pas nécessairement reliée à une « personne » particulière, l’autre de Priscien, où la catégorie est plus restreinte et centrée sur la notion de « personne ». Il en résulte, tout au long des XVIIe et XVIIIe siècles, des définitions et des classements du pronom assez variables qui ne se limitent pas à en faire un substitut du nom (pro-nomen). Si en apparence l’organisation en cinq classes et les dénominations de pronoms personnels, démonstratifs, possessifs, relatifs, indéfinis, se stabilisent à partir de Maupas ([1607] 1618), ce modèle est en fait extensible (en particulier pour les démonstratifs, les possessifs et les formes en qu-) et recouvre des réalités très différentes d’un grammairien à l’autre. Par exemple, je et tu, peuvent être analysés comme « démonstratifs » ou « personnels », et cecy, cela, comme « démonstratifs » ou « relatifs » (au sens d’« anaphoriques »). Et si Maupas distingue les pronoms « prépositifs » placés avant le verbe des « postpositifs » placés après le verbe, c’est l’opposition entre « conjonctifs » puis « conjoints » versus « absolus » qui va se transmettre. Car les enjeux sous-jacents à cette typologie sont d’une part l’abandon de la déclinaison pour le français (analyse des pronoms selon le nominatif, l’accusatif, l’ablatif etc.) et l’émergence d’un modèle syntaxique de la phrase française (transitivité verbale et compléments). Au milieu du XVIIIe siècle, Beauzée réalise deux gestes fondateurs, qui vont changer définitivement le visage de la catégorie du pronom.
Nous proposons donc de parcourir les principales positions des grammairiens du français de la période classique quant à la définition du pronom, sa terminologie et ses sous-classes, en nous concentrant en particulier sur les enjeux morphosyntaxiques pour la description du français, à l’aide notamment du Grand corpus des grammaires françaises, des remarques et des traités sur la langue (XIVe-XVIIIe siècles) (Colombat, Fournier, Ayres-Bennett, 2020).
Références
Colombat, Bernard, et Bouard, Bérengère, 2019, Chapitre VI Le Pronom, dans « Histoire des parties du discours », Louvain, Peeters Publishers, Orbis Supplementa, sous la direction de Bernard Colombat et Aimée Lahaussois (UMR 7597 HTL/Université Paris 7), p. 248-270.
Colombat, Bernard, Fournier, Jean-Marie, Ayres-Bennett, Wendy (dirs.), 2011, Grand corpus des grammaires françaises, des remarques et des traités sur la langue (XIVe-XVIIIe siècles), Garnier numérique.
Maupas, Charles, 1618, Grammaire et syntaxe françoise, Orléans, Boynard et Nyon.
Swiggers, Pierre, 2001, « La terminologie de la description du pronom dans la grammaire française du seizième siècle », dans Métalangage et terminologie linguistique : actes du colloque international de Grenoble (Université Stendhal-Grenoble III, 14-16 mai 1998), éd. Bernard Colombat et Marie Savelli, Louvain : Peeters, p. 395-412.
1 octobre 2026 : Lucie Drouillet (CLLE)
L’ordre des mots à l’oral : une question de rythme ?
La façon d'ordonner les mots à l'oral dépend largement de contraintes syntaxiques (Demberg & Keller, 2008). Cependant, la plupart des recherches sur la linéarisation laisse de côté la prosodie. En effet, même si les contours prosodiques s'alignent généralement sur la structure syntaxique, il arrive que ce ne soit pas le cas (Delais Roussarie & DiCristo, 2021). En français, le système accentuel peut influencer la position d'un constituant afin de favoriser un équilibre rythmique (Delais-Roussarie, 1996). L’étude présentée ici vise à identifier ces interactions potentielles entre prosodie et syntaxe dans le choix de la position de l'adjectif à l'oral : il s'agit d'une tâche de reconstitution de phrases à partir d'un nuage de mots présenté sur un écran, mettant en jeu un syntagme nominal contenant un adjectif épithète. Au total 720 phrases ont été enregistrées, et pour chacune, la position de l'adjectif par rapport au nom a été codée (anté-/postnominal), ce qui permet d'étudier l'ordre des mots choisi en fonction des contextes syntaxiques et prosodiques. Les résultats confirment un effet significatif des variables syntaxiques et prosodiques, ainsi que leur interaction. Des résultats qualitatifs quant aux patterns prosodiques produits seront également présentés, à partir de l'annotation prosodique manuelle qui a été réalisée sur les 720 phrases.
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Programme Séminaire SLîM 2025-2026
21 mai 2026 : Barbara Hemforth (LLF)
Pronoun processing from a crosslinguistic perspective
Studies of pronoun interpretation and production across different languages show that these processes are shaped not only by syntactic alternatives, but also by language contact. Drawing on experimental data, I will demonstrate that, depending on the structural options available within their linguistic systems, speakers across different languages systematically vary in how they resolve and produce pronouns. Information structure emerges as a central factor, influencing both interpretation and production, across languages. Specifically, the presence and accessibility of alternative referents significantly impact speakers' choice of referential expressions, emphasising the influence of discourse context on pronoun usage. Furthermore, the findings reveal that distinctions between topic and focus are crucial in pronoun resolution: pronouns are more likely to refer to topical referents, while referents that are focused on are less likely to be used as antecedents. Language contact further modulates these patterns, suggesting that exposure to multiple linguistic systems can alter preferences for referential strategies. Overall, the results emphasise the interaction between syntax, discourse and multilingual experience in shaping pronoun behaviour, providing evidence for a dynamic, usage-based approach to reference across languages.
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2 avril 2026 : Myriam Bergeron Maguire (Sorbonne Nouvelle, CLESTHIA)
Vestiges d’une grammatica submersa : les lettres privées du projet Macintosh et la variation du français aux 17e et 18e siècles
Cette intervention portera sur la variation grammaticale du français en Europe et en Amérique aux 17e et 18e siècles. Elle s’appuiera sur les données du projet ANR Macintosh (2023-2027), qui proviennent de lettres privées pour la plupart rédigées par des « peu-lettrés ».
Nous présenterons quelques caractéristiques grammaticales attestées dans ces lettres ayant été exclues du français écrit soigné dès le départ ou à une date précoce. L’une de ces caractéristiques s’explique par un contact avec une variété d’occitan. Pour cerner les trajectoires respectives de ces phénomènes souterrains, plusieurs indices seront examinés : leur représentation dans la littérature « populaire » ou comique de l’époque, leur présence dans les enquêtes dialectales du siècle dernier ainsi que dans une ou plusieurs variétés contemporaines du français en Amérique du Nord (dont la genèse remonte au 17e siècle).
L’examen permettra de mettre en évidence un état de langue longtemps négligé faute de sources philologiquement fiables : un français employé entre proches, régionalement marqué et impliquant des individus qui n’étaient pas des professionnels de l’écrit.
12 mars 2026 : Yanis Da Cunha (U. Graz)
Quel pronom gagne la compétition ? Études expérimentales des pronoms forts, nuls et démonstratifs dans les syntagmes prépositionnels du français.
Plusieurs types de pronoms peuvent apparaitre dans les syntagmes prépositionnels en français, notamment les pronoms forts (je sors avec elle/lui), démonstratifs (je sors avec celle-ci/celui-ci) et nuls (je sors avec). Alors que la plupart des études comparent ces formes séparément (forts/nuls dans Zribi-Hertz 2000, Heidinger 2023; démonstratifs dans Fossard 2006, Demol 2007), nous en proposons une analyse basée sur des données expérimentales, de choix forcé et d'acceptabilité, prenant en compte les trois formes conjointement.
Nous montrons d'abord que l'opposition fort-nul-démonstratif est régulée par l'animéité : alors que les pronoms forts sont préférées avec les antécédents humains, les nuls et démonstratifs sont préférés avec les référents inanimés. De plus, l'opposition fort-démonstratif dépend de la proéminence de l'antécédent : les pronoms forts sont préférés avec les antécédents sujets, là où les démonstratifs sont préférés avec les antécédents non-sujets.
Nous nous intéressons ensuite aux cas où les pronoms nuls sont rendus indisponibles par le choix de prépositions spécifiques (vers, malgré). Dans ces cas, quel pronom, fort ou démonstratif, prend le pas sur le nul ? Plutôt que de neutraliser les préférences d'animéité des pronoms forts, l'absence des pronoms nuls rend le choix des pronoms démonstratifs plus fréquent pour les inanimés.
Nous discutons les conséquences de ces résultats en ce qui concerne la spécification en traits des formes pronominales : les pronoms forts, démonstratifs et nuls sont-ils spécifiés par des traits d'animéité
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6 février 2026 : Nicolas Guilliot (UBM, CLLE)
Variation syntaxique de la négation: de l'enquête Bourciez aux enquêtes du projet PaRL
Ma présentation portera essentiellement sur la négation et, plus généralement, sur la prise en compte et le traitement de la microvariation linguistique. L'objectif est de faire le lien entre plusieurs projets de recherche sur les variétés d'occitan et de poitevin-saintongeais ou les langues associées:
- le projet région PaRL - Patrimoine Régional Linguistique en Nouvelle-Aquitaine (https://projetparl.hypotheses.org/), qui vise à récolter de nouvelles données via des enquêtes de terrain et une plateforme en ligne (https://enquetes-parl.fr/)
- le projet Bourciez qui illustre très bien l'objectif final de PaRL, en permettant de documenter et de visualiser certains cas précis de variations dans les usages de la négation
- notre projet de délégation CNRS qui vise à élargir notre étude du projet PaRL aux variétés de français présentes en Amérique du Nord: français acadiens (lousianais, chiac, Baie-Ste-Marie, Terre-Neuve) et laurentiens (québecois, joual...).
Après avoir rappelé les limites des analyses les plus classiques de la négation et de la concordance négative, nous montrerons l'intérêt de mieux documenter la variation et les usages de la négation. Les marqueurs de variation étudiés sur la négation concernent la variation lexicale (digun/persona/res/natus), la question du redoublement (concordance négative du type digüns li bailléoueun pa arré [lit.] "personne lui donnait [pas] rien", à Mios), les constructions exceptives (du type un homé n abio pos qué douï fils [lit.] "un homme n'avait [pas] que 2 fils" à Mongiscard) ou encore la co-occurrence avec d'autres particules dans les langues concernées (particules énonciatives), tout cela avec une visualisation cartographique (en collaboration avec Alexandre Génadot, UB, laboratoire IMB).
Enfin, nous donnerons un aperçu (qualitatif) des premières données récoltées sur la négation dans le cadre de PaRL, ainsi que les perspectives pour les variétés de français en Amérique du Nord.
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