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Programme séminaires SLîM
Programme 2025-2026
25 juin 2026, Les Slimeries -- Journées d'étude de la thématique SLîM7 mai 2026, Barbara Hemforth (LLF) Titre à venir
2 avril 2026, Myriam Bergeron Maguire (Sorbonne Nouvelle, CLESTHIA), "Vestiges d’une grammatica submersa : les lettres privées du projet Macintosh et la variation du français aux 17e et 18e siècles"
12 mars 2026, Yanis Da Cunha (U. Graz) "Quel pronom gagne la compétition ? Études expérimentales des pronoms forts, nuls et démonstratifs dans les syntagmes prépositionnels du français."
5 février 2026, Nicolas Guilliot (UBM, CLLE) "Variation syntaxique de la négation: de l'enquête Bourciez aux enquêtes du projet PaRL"
4 décembre 2025, Anne Dagnac et Juliette Thuilier (UT2J, CLLE) "Le marquage différentiel de l'objet en français"
6 novembre 2025, Gilles Boyé (UBM, CLLE) "20 ans après, une transition écologique pour les espaces thématiques"
Cycle "Questions de genre"
2024-2025 :
19 décembre 2024, Martina Rosola, "Masculine generics in Italian"
6 mars 2025, Catherine Kerbrat-Orecchioni, "Du sexisme au spécisme : une analogie en question"
3 avril 2025, Stéphanie Pahud, "Inclure sans (s')exclure"
16 octobre 2025, Heather Burnett, "La grammaticalisation de l’inclusivité: les doublets inclusifs dans le français parlé"
2023-2024 :
9 novembre 2023, Xavier Bach, "Genre grammatical et genre naturel/social"
18 janvier 2024, Olivier Bonami, "Les manifestations morphologiques du genre social en français"
2 mai 2024, Pascal Gygax, "Langage inclusif : une tempête dans un verre d'eau ou une réponse à un vrai problème ?"
6 juin 2024, Julie Abbou, "Figements, défigements, refigements du genre en langue"
26-27 novembre 2021. UBM- Rencontres bordelaises de linguistique japonaise et coréenne
7 décembre 2021. 14h-17h Table ronde Paradigmo sur le genre
2 avril 2026 : Myriam Bergeron Maguire (Sorbonne Nouvelle, CLESTHIA)
Vestiges d’une grammatica submersa : les lettres privées du projet Macintosh et la variation du français aux 17e et 18e siècles
Cette intervention portera sur la variation grammaticale du français en Europe et en Amérique aux 17e et 18e siècles. Elle s’appuiera sur les données du projet ANR Macintosh (2023-2027), qui proviennent de lettres privées pour la plupart rédigées par des « peu-lettrés ».
Nous présenterons quelques caractéristiques grammaticales attestées dans ces lettres ayant été exclues du français écrit soigné dès le départ ou à une date précoce. L’une de ces caractéristiques s’explique par un contact avec une variété d’occitan. Pour cerner les trajectoires respectives de ces phénomènes souterrains, plusieurs indices seront examinés : leur représentation dans la littérature « populaire » ou comique de l’époque, leur présence dans les enquêtes dialectales du siècle dernier ainsi que dans une ou plusieurs variétés contemporaines du français en Amérique du Nord (dont la genèse remonte au 17e siècle).
L’examen permettra de mettre en évidence un état de langue longtemps négligé faute de sources philologiquement fiables : un français employé entre proches, régionalement marqué et impliquant des individus qui n’étaient pas des professionnels de l’écrit.
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12 mars 2026 : Yanis Da Cunha (U. Graz)
Quel pronom gagne la compétition ? Études expérimentales des pronoms forts, nuls et démonstratifs dans les syntagmes prépositionnels du français.
Plusieurs types de pronoms peuvent apparaitre dans les syntagmes prépositionnels en français, notamment les pronoms forts (je sors avec elle/lui), démonstratifs (je sors avec celle-ci/celui-ci) et nuls (je sors avec). Alors que la plupart des études comparent ces formes séparément (forts/nuls dans Zribi-Hertz 2000, Heidinger 2023; démonstratifs dans Fossard 2006, Demol 2007), nous en proposons une analyse basée sur des données expérimentales, de choix forcé et d'acceptabilité, prenant en compte les trois formes conjointement.
Nous montrons d'abord que l'opposition fort-nul-démonstratif est régulée par l'animéité : alors que les pronoms forts sont préférées avec les antécédents humains, les nuls et démonstratifs sont préférés avec les référents inanimés. De plus, l'opposition fort-démonstratif dépend de la proéminence de l'antécédent : les pronoms forts sont préférés avec les antécédents sujets, là où les démonstratifs sont préférés avec les antécédents non-sujets.
Nous nous intéressons ensuite aux cas où les pronoms nuls sont rendus indisponibles par le choix de prépositions spécifiques (vers, malgré). Dans ces cas, quel pronom, fort ou démonstratif, prend le pas sur le nul ? Plutôt que de neutraliser les préférences d'animéité des pronoms forts, l'absence des pronoms nuls rend le choix des pronoms démonstratifs plus fréquent pour les inanimés.
Nous discutons les conséquences de ces résultats en ce qui concerne la spécification en traits des formes pronominales : les pronoms forts, démonstratifs et nuls sont-ils spécifiés par des traits d'animéité
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6 février 2026 : Nicolas Guilliot (UBM, CLLE)
Variation syntaxique de la négation: de l'enquête Bourciez aux enquêtes du projet PaRL
Ma présentation portera essentiellement sur la négation et, plus généralement, sur la prise en compte et le traitement de la microvariation linguistique. L'objectif est de faire le lien entre plusieurs projets de recherche sur les variétés d'occitan et de poitevin-saintongeais ou les langues associées:
- le projet région PaRL - Patrimoine Régional Linguistique en Nouvelle-Aquitaine (https://projetparl.hypotheses.org/), qui vise à récolter de nouvelles données via des enquêtes de terrain et une plateforme en ligne (https://enquetes-parl.fr/)
- le projet Bourciez qui illustre très bien l'objectif final de PaRL, en permettant de documenter et de visualiser certains cas précis de variations dans les usages de la négation
- notre projet de délégation CNRS qui vise à élargir notre étude du projet PaRL aux variétés de français présentes en Amérique du Nord: français acadiens (lousianais, chiac, Baie-Ste-Marie, Terre-Neuve) et laurentiens (québecois, joual...).
Après avoir rappelé les limites des analyses les plus classiques de la négation et de la concordance négative, nous montrerons l'intérêt de mieux documenter la variation et les usages de la négation. Les marqueurs de variation étudiés sur la négation concernent la variation lexicale (digun/persona/res/natus), la question du redoublement (concordance négative du type digüns li bailléoueun pa arré [lit.] "personne lui donnait [pas] rien", à Mios), les constructions exceptives (du type un homé n abio pos qué douï fils [lit.] "un homme n'avait [pas] que 2 fils" à Mongiscard) ou encore la co-occurrence avec d'autres particules dans les langues concernées (particules énonciatives), tout cela avec une visualisation cartographique (en collaboration avec Alexandre Génadot, UB, laboratoire IMB).
Enfin, nous donnerons un aperçu (qualitatif) des premières données récoltées sur la négation dans le cadre de PaRL, ainsi que les perspectives pour les variétés de français en Amérique du Nord.
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